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Présentation de la Mesure de Compensation Marine MCM03

7 mars 2018

Intitulé : MCM03 : Mesure de Compensation Marine 03 - Mise en oeuvre d’actions du Plan National d’Actions Tortues Marines : Action 3.2.2 Réhabiliter les plages de ponte

Durée/budget : 300 000 euros sur 3 ans (2017 – 2020)

Financement : Région Réunion

Contexte :

Les sept espèces de tortues marines sont en danger au niveau mondial, inscrites à l’Annexe I de
la Convention de Washington (CITES) et sur la liste rouge de l’UICN (Union Internationale pour
la Conservation de la Nature). Une convention régionale (Memorandum of Understanding) pour
la gestion et la conservation des tortues marines et de leurs habitats de l’océan Indien et du
sud-est asiatique (IOSEA) a été instaurée en 2003 sous l’égide de la CMS (Convention for
Migratory Species) et signée par la France en 2009. Un plan national d’action (PNA) fixe
également la stratégie à mettre en oeuvre pour la conservation des populations d’espèces de
tortues marines entre 2015 et 2020 à La Réunion et dans la région.
Le sud-ouest de l’Océan Indien (SOOI) abrite cinq espèces de tortues marines et représente une
région d’importance, au niveau mondial, pour la reproduction et l’alimentation de ces espèces.
A La Réunion, deux espèces fréquentent principalement les eaux côtières : la tortue verte
(Chelonia mydas) et la tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata). Si on observe une
augmentation de ces populations en mer, la population reproductrice de La Réunion (tortue
verte) reste très faible (une femelle tous les 3 ans), alors que cette dernière fut autrefois
abondante.

Un des facteurs principaux est la pression anthropique exercée sur l’habitat de ponte, les
plages. Il est aujourd’hui essentiel de restaurer ces sites de ponte potentiel afin qu’ils soient de nouveau adaptés à la montée des tortues marines.

Pour cela, les principaux leviers d’action ciblés sont :
- Le couvert végétal : Une hypothèse forte suppose que les plantes émanent des odeurs
qui permettent aux tortues marines de s’orienter, on parle de "plume olfactive". De plus,
le couvert végétal offre des conditions propices à la ponte et à l’incubation des oeufs des
tortues marines. Plus généralement, il limite l’érosion des plages et la pollution
lumineuse et sonore.
- La pollution lumineuse : Elle effraie les femelles en ponte et désoriente les nouveau-nés
lorsqu’ils émergent du nid.
- La sur-fréquentation des plages : Le piétinement important du sable (compactage),
empêche les femelles de pouvoir creuser leur nid.
- La morphologie de la pente de plage.

Objectif général du projet :

Accroitre le nombre de sites favorables à la ponte de tortues marines en réhabilitant cinq
hectares de plages de ponte potentielle de tortues marines sur la côte ouest réunionnaise.

Objectifs spécifiques :

- Revégétaliser les plages de pontes potentielles en remplaçant les espèces invasives par
des espèces indigènes ou endémiques, attractives pour les tortues marines ;
- Réduire les nuisances pour la ponte des tortues sur les différents sites : pollution
lumineuse et sonores, déchets, usages, prédateurs ;
- Réaliser des actions de sensibilisation et communication auprès du grand public, des
scolaires et des institutionnels.

Objectifs induits :

- Promouvoir et préserver des espèces végétales patrimoniales
- Lutter contre les espèces exotiques envahissantes (EEE) ;
- Limiter l’érosion des plages
- Restaurer un environnement favorable à l’ensemble de l’écosystème côtier
réunionnais : oiseaux marins, récif corallien…

À quelles attentes répond cette mesure ?

Le Plan National d’Actions (PNA) tortues marines pour les territoires français du sud-ouest de
l’Océan Indien (SOOI), valable sur une durée de 5 ans (2015-2020), fixe la stratégie à mettre en
oeuvre pour la conservation des populations d’espèces de tortues marines visées, et en décline
les actions nécessaires.

A La Réunion, il répond aux enjeux et besoins identifiés à l’échelle locale, en s’inscrivant dans la
continuité des programmes existants et en proposant des actions nouvelles nécessaires pour
permettre la conservation voire la restauration des populations de tortues marines dans
l’archipel des Mascareignes et plus largement dans toute la sous-région SOOI.

Ce plan d’actions prévoit en Objectif Spécifique 3 « Protéger et restaurer les habitats prioritaires
des tortues marines » un objectif opérationnel 3.2 « Conserver et restaurer les plages de ponte
des tortues marines » qui se décline en actions parmi lesquelles l’action 3.2.2 « Réhabiliter les
plages de ponte ». La MCM03 correspond donc à la mise en oeuvre de cet objectif opérationnel
du PNA.

Le Centre d’Etude et de Découverte des Tortues Marines (CEDTM) s’est vu confier le 15
décembre 2016 par la Région Réunion la mise en oeuvre de la Mesure de Compensation Marine
de l’opération Nouvelle Route du Littoral « Restauration des plages de ponte de tortues marines
à La Réunion » (MCM03). Par cette mesure qui s’inscrit directement dans l’action 3.2.2 du PNA,
la Région Réunion se positionne en faveur d’une restauration écologique des plages afin de
recréer des habitats de ponte favorables aux tortues marines.

Zone géographique ou territoire de
réalisation :

Cinq sites ont été retenus pour la mise en
oeuvre de la mesure, couvrant une surface
de cinq hectares de plage :
- Plage de Maharani, Boucan Canot
(Commune de Saint-Paul), retenue
comme site pilote pour la mesure ;
- Plage au Nord de la Ravine de
Trois-Bassins, au droit du Centre
Jacques Tessier (Commune de
Saint-Paul) ;
- Plage de Souris blanche – Souris
chaude, Pointe de Trois-Bassins
(Commune de Trois-Bassins) ;
- Plage du Cimetière à Saint-Leu
(Commune de Saint-Leu) ;
- Plage de la Ravine Mulat
(Commune d’Etang Salé).

Localisation des sites visés par l’analyse,
avec l’historique des traces/indices de
ponte (Source : Kelonia)

Description du projet :
Le projet se décline en plusieurs étapes réparties sur les trois années du projet :

La végétation retenue sur les recommandations du Conservatoire Botanique National des
Mascarins (CBNM) est la suivante :

- En zone supra-littorale : une végétation basse composée des lianes telles que la « Patate
à Durand » (Ipomea Pescaprae), et la « Patate Cochon » (Canavalia Rosea), qui s’étalent
sur la partie de la plage la plus mobile, à la limite de la zone de déferlement des vagues.
Les premiers fourrés arbustifs sont composés de « Veloutier bord de mer »
(Heliotropium foertherianum) et de « Manioc bord de mer » (Scaevola Taccada)
résistant aux embruns, ils apprécient les sols bien drainés dans lesquels s’étire leur
système racinaire diffus. Ils constituent le premier écran contre les nuisances sonores et
lumineuses. Il s’agit de la zone de ponte des tortues marines. Il est donc important de
maintenir le couvert herbacé et arbustif pour fournir des zones d’ombrages et assurer
le maintien du sable.
- En zone ad-littorale : une végétation haute constituée de trois espèces d’hibiscus (le
« Porcher ou Bois de Peinture » (Thespesia populnea et populneoides) et le « Mova ou
Mahot bord de mer » (Hibiscus tiliaceus) formant un sous-bois sombre circonscrit la
plupart du temps dans la dépression d’arrière plage. Cette forêt est suivie d’une forêt
sèche représentée principalement en frange littorale par une espèce endémique de La Réunion, le « Latanier Rouge » (Latania lontaroides). Protégés des embruns par les
fourrés de veloutiers et les hibiscus, quelques espèces typiques de la côte ouest
parviennent à se développer.

Principe de l’étagement
de la végétation littorale
(Source : Entretien des
plages coralliennes
réunionnaises, ONF)

Bénéficiaires du projet :
- Le grand public à travers la préservation, la sensibilisation, la responsabilisation et la
valorisation des composants du littoral et du milieu marin côtier suivants : la lutte contre
l’érosion des plages, la protection du milieu récifal en lien avec l’état de santé des plages,
la préservation du patrimoine végétal réunionnais et la mise en avant de cet atout
touristique, la préservation d’une espèce animale emblématique qu’est la tortue marine
et l’avifaune présente sur le littoral ;
- Les scolaires à travers des ateliers de sensibilisation et la diffusion de supports
pédagogiques pour répondre aux besoins des programmes scolaires sur les thématiques
de l’environnement, du développement durable, de l’éducation. Il s’agit d’impliquer les
jeunes tout au long du projet, de la production des plants à la plantation et au suivi des
plants sur site ;
- La communauté scientifique à travers l’approfondissement des connaissances (étude,
récolte de données et analyse) sur la morphologie des plages et l’état de santé du récif
corallien en lien avec la végétation de la plage, en partenariat avec Kélonia, le CBNM, la
DEAL, l’ONF, le BRGM, la RNMR, la SEOR, l’Université de La Réunion ;
- Collectivités, administrations et gestionnaires à travers la production d’outils d’aide à
la décision pour les politiques d’aménagements et de gestion du littoral (guide
d’aménagements, panneaux de sites, itinéraires de plantation, etc…).

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Action menée au titre des mesures compensatoires du projet Nouvelle Route du Littoral
financé par la Région Réunion, l’Etat et l’Union Européenne

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